Le Guide Musical. N.16, 19 June 1856 (pages 2-3)

Published by Robert Coldwell on

    *Among the musical instruments that have been struck by severe ostracism is the guitar, whose fashion, long famous, has disappeared nowadays to give way to the most desolate indifference or the most bitter derision. Once an inseparable companion of song and poetry, the guitar has been accused of insufficient and unfitness for expression and serious music. Mauro Juliani’s undeniable efforts and talent, the greatest artist and composer she had ever had, failed to bring her out of her discredit.

    There is much to be said for explaining this decline, one of the most rapid and striking of our time, yet so fertile in events of this kind; we will confine ourselves to indicating the main causes, which are obviously the lack of perfection of the instrument’s mechanical means and the complete nullity of modern musical compositions written for the guitar. In recent years, however, commendable efforts have been made by the Vienna luthiers to improve the harmonic qualities of the instrument, but so far these improvements have remained unnoticed.

    One of Russia’s most distinguished amateurs, Mr. Nicolas Makaroff, guided by his selfless love for music in general, and for the guitar in particular, has just proposed, through one of the most accredited bodies of the Russian press, the St. Petersburg Gazette, a competition with the aim of provoking the emulation of makers and composers, and to succeed in replacing the guitar with an honorable rank among the instruments of the salon. This competition, which will take place in Brussels, will be divided into two sections: in the first, a prize of eight hundred francs will be awarded to the best written composition for the guitar, and a second prize of five hundred francs for the composition that the judges of the competition will rank immediately after that.

     Two prizes, of eight hundred and five hundred francs, will also be awarded to the two best-built guitars, preferably large and with ten strings, which will combine all the qualities that can be expected from a perfect instrument: fullness, softness and sound.

    As for the music pieces, they must be written for the six- or ten-string guitar, with or without piano or quartet accompaniment. The same composer can win both prizes if his works are recognized as the best. The first condition that must be taken into account is that the music must be executable, and does not fall into the category of those fantastic elucubrations that cannot be interpreted by anyone, not even by those who wrote them.

    The guitars and compositions should be sent, before the end of November 1856, to the Russian legation in Brussels.


   *Au nombre des instruments de musique qu’un ostracisme sévère a frappés, se trouve la guitare, dont la vogue, longtemps fameuse, a disparu de nos jours pour faire place à l’indifférence la plus désolante ou à la dérision la plus amère. Jadis compagne inséparable du chant et de la poésie, la guitare s’est vu accuser d’insuffisance et d’inaptitude à l’expression comme à la musique sérieuse. Les efforts et le talent incontesté de Mauro Juliani, le plus grand artiste et le meilleur compositeur qu’elle ait eu, ne parvinrent pas à la tirer de son discrédit.

   II y aurait beaucoup à dire pour expliquer cette décadence, l’une des plus rapides et des plus frappantes de notre époque, si féconde pourtant en événements de ce genre ; nous nous bornerons à indiquer les principales causes qui sont évidemment le peu de perfection des moyens mécaniques de l’instrument et la nullité complète des modernes compositions musicales écrites pour la guitare. Dans ces dernières années, cependant, de louables efforts ont été tentés par les luthiers de Vienne pour améliorer les qualités harmoniques de l’instrument, niais jusqu’ici ces perfectionnements sont restés inaperçus.

   Un des amateurs les plus distingués de la Russie, M. Nicolas Makaroff, guidé par son amour désintéressé pour la musique en général, et pour la guitare en particulier, vient de proposer par la voie d’un des organes les plus accrédités de la presse russe, la Gazette de Saint Pétersbourg, un concours dans le but de provoquer l’émulation des facteurs et des compositeurs, et d’arriver à replacer la guitare à un rang honorable parmi les instruments de salon. Ce concours, qui aura lieu à Bruxelles, sera divisé en deux sections : dans la première, il sera décerné un prix de huit cents francs à la meilleure composition écrite pour la guitare, et un second prixde cinq cents francs pour la composition que les juges du concours classeront immédiatement après celle-là.

    Deux prix, de huit cents et de cinq cents francs, seront également décernés aux deux guitares les mieux confectionnées, de grande dimension et à dix cordes de préférence, et qui réuniront, d’ailleurs, toutes les qualités que l’on peut exiger d’un instrument parfait: la plénitude, le moelleux et la sonorité.

   Quant aux morceaux de musique, ils devront être écrits pour la guitare à six ou à dix cordes, avec ou sans accompagnement de piano ou de quatuor. Le même compositeur pourra remporter les deux prix, si ses oeuvres sont reconnues les meilleures. La première condition dont il devra être tenu compte, c’est que la musique soit exécutable, et ne rentre pas dans la catégorie de ces élucubrations fantastiques qui ne peuvent être interprétées par personne, pas même par ceux qui les ont écrites.

    Les guitares et les compositions devront être envoyées, avant la fin de novembre 1856, à la légation russe, à Bruxelles.

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